mar 18 sep 2007

Naissance d’un parti

18 09 2007

Du 13 au 16 septembre dernier, à Seignosse, plus de 2 500 participants ont travaillé autour de François Bayrou à jeter les bases du Mouvement Démocrate (MoDem), dont le congrès constitutif se tiendra au mois de novembre. L’enjeu est de taille : rassembler, au sein d’une formation politique nouvelle, libre et indépendante, celles et ceux qui se sont reconnus dans le message de François Bayrou lors de l’élection présidentielle. Et prolonger ainsi l’élan enthousiaste du 22 avril au sein d’une force politique organisée.

De ce Forum des Démocrates et de ses débats, menés dans des salles pleines à craquer, je retiendrai trois enseignements :

D’abord l’extraordinaire diversité du "peuple" MoDem. Ils viennent de partout, pas seulement géographiquement, mais aussi sociologiquement et politiquement. Femmes et hommes de droite ou de gauche, aux parcours politiques variés, écologistes, déçus du socialisme, centristes bien sûr et surtout tous ceux qui, refusant d’être étiquetés ou classés, s’engagent pour la première fois dans un mouvement politique. Et parmi eux, en grand nombre, des jeunes. A l’écoute de cette diversité, on a pu saisir des incompréhensions, sans doute, mais pas d’incompatibilités. Ce qui réunit ces femmes et ces hommes, au-delà de leurs différences, c’est une même attente : trouver ou retrouver du goût à l’engagement politique, rompre avec les règles truquées de jeux politiques auxquels ils ne croient plus, s’avancer sur un nouveau chemin qu’ils veulent contribuer à tracer. Aucun doute : la biodiversité régnera sur la planète MoDem et c’est une bonne nouvelle.

Deuxième enseignement : l’exigence des adhérents, toutes origines confondues, à renouveler les comportements de la vie politique française et, pour commencer, à l’intérieur de leur propre mouvement. A Seignosse, on a beaucoup parlé de valeurs et d’éthique, comme socle indispensable à tout projet politique. Le Mouvement Démocrate s’appuiera, dès sa constitution, sur une charte éthique et des valeurs, qui indiqueront quelle est la nature de l’engagement de l’adhérent, du responsable, du candidat et de l’élu du mouvement par rapport à ceux qui lui ont fait confiance.

De façon très claire, les participants ont exprimé leur vision de leur mouvement : un parti de rassemblement et de débat, où la démocratie interne soit vraiment mise en actes, où l’initiative et l’expression militantes soient encouragées et respectées, où les responsables aient un devoir d’écoute, où les contre-pouvoirs existent et où enfin la transparence soit la règle, car elle est source de confiance et donc d’engagement. Mais en même temps, un parti organisé et méthodique, cultivant les compétences de ses adhérents, s’appuyant sur des méthodes éprouvées d’organisation et sur des techniques modernes de communication. C’est bien un parti moderne et de son temps qui est attendu, un parti ouvert et libre, qui sache concilier valeurs, démocratie interne et efficacité. Chimère ? Vision utopique et idéalisée ? Pas si sûr. L’objet politique inédit que veulent construire les militants se distingue surtout de la ringardise de bien des formations politiques actuelles qui, entre le caporalisme des unes et le "basisme" systématique des autres, se débattent pour endiguer le courant qui les prive chaque jour d’un peu plus de crédibilité. "Soyez réalistes, demandez l’impossible" : c’est dans cet état d’esprit que se sont placés les participants de Seignosse. Et s’ils réussissent dans leur projet, ils démoderont à coup sûr un peu plus les formations politiques traditionnelles.

Troisième enseignement enfin, le leadership incontesté de François Bayrou. C’est autour de lui que s’est cristallisée une espérance, celle de renouveler la vie politique de notre pays, en dépassant un perpétuel affrontement droite / gauche qui ne permet plus de résoudre les problèmes de notre temps. C’est autour de François Bayrou que s’est affirmée la volonté de revitaliser une démocratie française malade, de réenchanter la politique en rompant avec un système dominant verrouillé et malsain. En interrogeant les participants de Seignosse sur les raisons de leur présence, la réponse a souvent été la même : "C’est la sincérité de François Bayrou qui nous a touchés, son intégrité, son parler-vrai". Quand d’autres cherchent à se doter d’un leader ou à s’en débarrasser, le MoDem, lui, a le sien. Un leader qui conserve dans l’opinion publique française une côte de popularité élevée et dont le programme présidentiel reste d’une totale actualité.

Pendant quatre jours, sur la côte landaise, le pari de François Bayrou de faire se lever une génération politique nouvelle, de mobiliser des citoyens actifs au sein d’un mouvement politique moderne, d’ouvrir la voie à de nouveaux comportements politiques, ce pari-là s’est bien engagé et a pris corps. C’est tant mieux pour la démocratie, car celle-ci ne se décrète pas, pas plus qu’elle ne s’impose par la seule vertu de mécanismes qui lui seraient propres. A toutes les conditions historiques, politiques, économiques et sociales qui déterminent l’accomplissement de la démocratie s’en ajoute une autre, essentielle : l’existence de démocrates. Elle a besoin de femmes et d’hommes qui, la vivant en eux, contribuent à la faire vivre pour tous. C’est l’ambition du Mouvement Démocrate.

 

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