jeudi 27 septembre 2007

Hollande et Bayrou parlent de convergences sur les institutions

27 09 2007
PARIS (Reuters) - François Hollande et François Bayrou ont débattu à l'Assemblée nationale de la future réforme des institutions et fait état de points de convergence face à la droite.

Cinq mois après le débat télévisé entre Ségolène Royal et François Bayrou, le premier secrétaire du Parti socialiste et le fondateur du Mouvement démocrate (MoDem) ont posé ensemble pour les photographes, discuté côte à côte pendant 45 minutes à huis clos mais livré leurs conclusions à la presse séparément.

Au terme de cette rencontre inédite, ils ont insisté tour à tour sur le contenu institutionnel de leur discussion, à l'heure où se pose la question d'éventuelles alliances électorales en vue des élections municipales de mars prochain.

La réunion a porté "exclusivement sur les institutions", a déclaré le dirigeant centriste. "Cela n'a porté que sur ce seul sujet (...) N'en tirez pas d'autres conclusions", a renchéri François Hollande.

"C'est un message adressé au président de la République et au gouvernement (...) Voilà nos priorités", a déclaré François Bayrou devant les caméras. "S'il n'y a pas de réponses à ces exigences-là, naturellement nous nous opposerons (à la réforme) En tout cas, moi je m'opposerai. Le Parti socialiste décidera ce qu'il veut", a-t-il prévenu.

Si les deux partis peuvent se mettre d'accord sur "le cadre de la République" mais "sans rien effacer de leurs divergences sur la politique économique et sociale (...) ça peut être utile" pour le pays, a affirmé François Hollande. Pour renforcer la démocratie, "nous ne sommes jamais assez nombreux", a-t-il dit.

Selon le premier secrétaire du PS, la droite n'est pas sûre d'avoir la majorité des 3/5 requise pour faire passer la réforme constitutionnelle lors de la réunion du Parlement en Congrès et l'opposition n'est pas sûre d'avoir la minorité nécessaire.

"Il y aura donc un enjeu", a reconnu François Hollande, déniant au MoDem, qui ne compte que quatre députés à l'Assemblée nationale, le statut de charnière.

"Ceux qui ont le rôle pivot, ce sont ceux qui ont 204 députés et 100 sénateurs", avait-il fait valoir dans la matinée lors d'un point de presse au siège du PS.

Sans envisager un "texte commun", les deux formations ont trouvé des "points de convergence sur des progrès décisifs", notamment la réforme du mode de scrutin législatif, afin d'y introduire une part de proportionnelle, l'élargissement des droits des citoyens ou l'indépendance de la justice, a expliqué François Bayrou.

La possibilité d'une intervention du chef de l'Etat devant le Parlement pourrait cependant constituer une pierre d'achoppement entre les deux formations.

"Nous, nous considérons que Nicolas Sarkozy n'a pas besoin d'un lieu d'expression supplémentaire", a estimé François Hollande. Le MoDem n'y voit pas un "crime de lèse majesté" mais concède qu'il faut "progresser sur ce sujet" avec le PS.

D'autres rencontres entre les deux hommes ne sont pas prévues pour l'instant, a-t-on précisé dans leur entourage respectif.

Source : lemonde.fr

 

vendredi 1 juin 2007

Le Nouveau Centre entend disputer au Mouvement démocrate l'héritage de l'UDF

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01 06 2007
eçon de biologie à l'Assemblée nationale. Au 2e sous-sol du Palais-Bourbon, mardi 29 mai, la presse est conviée à une expérience de scissiparité du centre. Dans le rôle du laborantin, Hervé Morin, président du groupe sortant des députés UDF, entouré d'une dizaine de parlementaires centristes parmi ceux qui ont préféré revenir dans le giron de la majorité présidentielle plutôt que de suivre François Bayrou sur la voie de l'indépendance.

En attendant le congrès constitutif du Nouveau Centre prévu à l'automne, c'est sous l'étiquette "Parti social libéral européen" que seront présentés 84 candidats au premier tour des élections législatives. "Avec un bon espoir d'obtenir au moins vingt-cinq députés", annonce M. Morin.

La conférence de presse est expédiée. Les documents distribués dans une chemise cartonnée au logo du Nouveau Centre tiennent en un quatre-pages, un bulletin d'adhésion et trois coupures de presse. "Nos idées" reprennent en quelques points brossés à la hâte les thèmes défendus par M. Bayrou pendant la campagne présidentielle. "Nous restons fidèles à nos convictions", expliquent ainsi les élus de l'UDF qui ont rejoint Nicolas Sarkozy, mais "nous voulons rendre utiles les 7 millions de voix centristes" qui se sont portées sur M. Bayrou, le 22 avril.

INSISTANCE À DÉNIGRER

Derrière ce discours destiné à justifier le retournement de l'entre-deux-tours perce néanmoins le malaise. "Ce choix n'est ni un reniement ni un ralliement", insiste M. Morin. Récompensé d'un poste de ministre de la défense, il se défend de tout "complot" ou "négociation souterraine".

"Nous sommes l'UDF", renchérit André Santini. Le député des Hauts-de-Seine, qui avait soutenu M. Sarkozy dès le premier tour de la présidentielle, "tape" sur l'ancien candidat centriste, auquel il reproche de n'avoir "pas su négocier pour les siens des postes de responsabilité après le résultat qu'il avait obtenu au premier tour". Il dénonce sa "stratégie personnelle" et raille le Mouvement démocrate constitué dans l'élan de la campagne présidentielle : "Le MoDem, c'est une autre espèce de parti, c'est un parti sans élus et bientôt sans électeurs, lance-t-il. C'est peut-être intéressant d'un point de vue virtuel, cybernétique, mais ce n'est pas notre façon de concevoir la politique."

Mais cette insistance à dénigrer ses anciens amis, ainsi que l'engagement pris à soutenir dans toutes les circonscriptions les candidats de l'UMP, sèment le trouble jusque parmi les députés centristes ayant rompu avec M. Bayrou. Plusieurs d'entre eux, parmi lesquels, notamment, Philippe Folliot et Jean Dionis du Séjour, ont ainsi refusé d'associer leur signature à la tribune du "pôle centriste du président" publiée dans Le Monde du 30 mai. Quant à Pierre Albertini, député sortant et maire de Rouen, il préfère n'être d'aucun parti et se démarque de M. Morin, "dont les propos et les actes récents ne correspondent pas à ma conception de la politique".

jeudi 24 mai 2007

François Bayrou lance

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24 05 2007

Le Mouvement démocrate organise un meeting ce jeudi au Zénith à Paris. Il présente 535 candidats aux législatives.

 

François Bayrou, lâché par la plupart des députés UDF malgré son score de 18,57% au premier tour de la présidentielle, lance jeudi 24 mai la campagne législative de son nouveau parti, le Mouvement Démocrate (MoDem), lors d'une réunion publique au Zénith à Paris.
L'ex-candidat UDF retrouvera la salle où il avait tenu, le 21 mars, après deux mois de percée dans les sondages, le premier grand meeting parisien de sa campagne présidentielle, entouré alors de nombreux élus UDF.

Seulement cinq sortants

Aujourd'hui sur les 535 candidats du MoDem aux législatives, un record depuis la création de l'UDF en 1978, seuls cinq sont des députés UDF sortants (sur 29). Et encore, trois d'entre eux, affichent-ils une certaine discrétion leur nouvelle étiquette.
Ce sont donc des nouveaux-venus qui animeront la première partie de la réunion publique: de nouveaux adhérents à cette formation qui en revendique "70.000" et des candidats aux scrutins des 10 et 17 juin qui viendront expliquer leur engagement dans le parti du centre "indépendant". (avec AFP)

mercredi 23 mai 2007

Investitures du mouvement démocrate: Nicole Bouteau à l'ouest, Henriette Kamia à l'est

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23 05 2007
(Tahitipresse) - Le mouvement démocrate, parti de François Bayrou, créé le 10 mai dernier, a investi Henriette Kamia, du Fetia Api, à l'est, pour les élections législatives. Sur la côte ouest, pour le même scrutin, le nouveau parti a donné son investiture à Nicole Bouteau, la présidente de No Oe e Te Nunaa.

Interrogée, lundi soir, sur RFO TéléPolynésie, Henriette Kamia (Fetia Api), candidate aux Législatives sur la côte est, a indiqué qu'elle avait bien reçu l'investiture du MoDem, le mouvement démocrate de François Bayrou, mais qu'en revanche, l'autre candidate du Fetia Api, Thilda Fuller, sur la côte ouest, ne l'avait pas obtenue, celle-ci revenant finalement à Nicole Bouteau, de No Oe E Te Nunaa.
L'information a été confirmée, mardi matin, par l'entourage de Nicole Bouteau: "Effectivement, Olivier Mothe (ndlr, représentant du mouvement démocrate, en Polynésie) nous a appelé, lundi matin, pour nous annoncer cela. C'était une surprise parce ce que nous ne l'avions pas demandé. Cela figure, paraît-il, déjà sur leur site internet, mais nous n'avons pas encore reçu de documents officiels à ce sujet".
Depuis plusieurs années, l'UDF, à la tête duquel se trouvait François Bayrou, avait passé des accords avec le Fetia Api, les candidats de ce parti se présentant régulièrement aux écheances nationales sous l'étiquette UDF.

mardi 22 mai 2007

Le Mouvement Démocrate, un parti "libre et indépendant"

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22 05 2007

François Bayrou était l’invité de Serge Moati lors de l’émission de France 5, Ripostes. Il a décliné son credo pour les prochaines élections législatives : être un homme libre, dirigeant un parti libre et indépendant. Le Mouvement démocrate ne sera pas un parti « charnière », qui se vendra à l’un ou l’autre en échange de quelques voix. François Bayrou admet qu’il est en position difficile, il en accepte l’augure. Et repart au combat avec la foi du charbonnier.

A la question de Serge Moati sur ses sentiments pendant la campagne, s’il y « croyait », François Bayrou a répondu qu’il pensait, porté par des millions de Français, figurer au deuxième tour. C’est aujourd’hui le passé, François Bayrou souhaite se tourner vers l’avenir en pensant aux personnes qui sont en phase avec son discours.

Il en veut pour preuve l’évocation il y a une semaine de la naissance du Mouvement démocrate. A l’heure de l’émission, cinquante deux mille personnes avaient répondu à son appel en se pré-inscrivant au Mouvement démocrate qui portera le surnom de Modem, conformément aux désirs des internautes. C’est une nouvelle force qui naît dans la politique française. François Bayrou considère que c’est extrêmement important pour la société fracturée que nous vivons aujourd’hui.

François Bayrou analyse le vote porté sur Ségolène Royal uniquement comme un réflexe de vote utile à gauche. Selon lui, le score de Nicolas Sarkozy est remarquable à tous égards au premier tour. Le second ne vient que confirmer une tendance lourde. Malgré tout, le président de l’UDF insiste sur le choix des thèmes de campagne du chef de l’UMP et nouveau président de la République. Ce n’étaient pas selon lui des « thèmes de la droite républicaine française. »

Après cette campagne présidentielle, il convient d’embrayer sur celle des législatives. C’est là que François Bayrou veut désormais compter. Il explique qu’il y a maintenant non plus deux familles politiques principales mais trois. Il le sait, il en est convaincu et l’a prouvé lors du scrutin qui vient de s’achever. Il affirme que son choix de vie est désormais d’ « effacer le mur de verre qui sépare pour chaque élection de manière artificielle et caricaturale les uns et les autres. » pour que nous puissions détenir en France une majorité plus juste, plus centrale, plus rassembleuse.

François Bayrou se dit une nouvelle fois convaincu que pour résoudre les problèmes principaux du pays, il faut être capable de faire travailler ensemble des gens différents. Certes, concède-t-il, ce n’est pas une habitude française. Mais voit-on, continue-t-il, le problème des banlieues se résoudre camp contre camp ? Dans ces endroits où la jeunesse se désespère, où le chômage touche 40% de la population qui se sent abandonnée. On a besoin d’une autre famille politique pour régler ces problèmes qui déchirent la société française, une famille que représentera le Mouvement démocrate.

En élargissant la perspective des banlieues, François Bayrou observe que près de la moitié, 46% exactement, des électeurs ont voté contre quelqu’un au deuxième tour. Les Français ont voté par rejet de l’autre candidat. Il rêve maintenant que ces Français puissent voter pour. C’est ainsi qu’il appelle à renouveler le paysage politique français en présentant dans les cinq cents soixante dix-sept circonscriptions un candidat ou une candidate qui porteront le projet de renouvèlement porté par François Bayrou.

Au premier tour de cette élection législative, chacun ira, portant les couleurs du Modem. « Nous verrons ensuite quels sont les candidats qui peuvent se maintenir au deuxième tour. » Il ajoute que c’est le pire des scrutins pour le Mouvement démocrate. Mais cela ne l’empêchera pas de poursuivre l’objectif principal : parvenir à un meilleur équilibre des pouvoirs. Et au moins contenir ce qui ressemblera sans doute à un raz-de-marée UMP. François Bayrou ne l’estime d’ailleurs pas sain pour nos institutions et la vie politique en général. L’UMP détiendra tous les leviers de commandes de l’exécutif, la majorité dans les deux assemblées, il faut des contre-pouvoirs qu’est en capacité d’apporter le Mouvement démocrate.

Il ajoute qu’une formation politique qui a obtenu sept millions de voix au premier tour d’une élection présidentielle doit pouvoir être représentée à l’Assemblée nationale. Cette volonté de François Bayrou ne signifie nullement qu’il transigera. S’il l’avait voulu, il aurait été voir le vainqueur la tête basse. Mais François Bayrou croit à autre chose. Il ne souhaite pas changer de convictions en cours de route, entre une élection et une autre. Chaque pouvoir doit avoir son contre-pouvoir, c’est ainsi que chaque démocratie conçoit sa vie publique, pourquoi n’en serait-il pas ainsi en France ?

A propos du centre lui-même, François Bayrou éclate de rire quand on évoque devant lui les concepts de centre-gauche et centre-droit. La caractéristique du centre est d’être au centre. C’est se sentir prêt, par définition, à travailler, capable de discuter avec les uns et les autres. Un vrai centre, selon François Bayrou, n’est pas obligé de ne regarder que d’un seul côté. C’est la raison pour laquelle il a décider de résister. Quand on subit des pressions, explique-t-il, on le choix, céder ou résister. Lui se définit comme un homme qui résiste. C’est ainsi qu’il fallait entendre son discours au Conseil national du jeudi 10 mai à la Mutualité.

Il souhaite créer une nouvelle alternative politique. Une nouvelle approche de la société. Et pour ce faire, rendre possible l’élection d’hommes et de femmes qui ne voteront pas forcément pour ou contre. Il n’y aura pas de vote automatique au Modem. C’en est la raison d’être. Cela dépendra des textes proposés. L’on votera oui si la Loi parait juste et apte à apporter une ou des solutions aux problèmes des français. On votera non si elle est germe de conflits à l’intérieur du peuple français.

François Bayrou ne veut pas de robots dans son groupe de parlementaires, s’il parvient à en créer un. Chaque élu votera en conscience, c’est là la moindre des libertés que l’on devrait accorder à un député consacré par le suffrage universel.

Pour les élections municipales à venir dans un an, il faudra qu’il y ait des alliances différentes selon les municipalités. Un maire, selon François Bayrou, dépasse son bord. C’est même la vocation d’un homme ou d’une femme politiques que contourner les frontières de son propre camp pour rassembler. François Bayrou demandera à chacun de ses candidats de regarder quel est le meilleur possible pour occuper la fonction. Il y aura évidemment des majorités différentes, c’est ainsi que cela se pratique dans tous pays démocratiques. En Allemagne, les Verts gouvernent dans certains Länder avec la droite et dans d’autres avec la gauche.

Dans toutes les petites communes, là où les gens sont au contact des réalités, cela fonctionne ainsi, assène François Bayrou. A Marseille, deuxième ville française, Jean-Claude Gaudin fut l’adjoint de Gaston Deferre. Ce sont là des réalités locales, tient pourtant à rappeler François Bayrou qui ne veut pas reproduire au plan local des combats nationaux.

Pour en revenir à ces combats nationaux justement, Nicolas Sarkozy, remarque-t-il, n’a jamais eu de mots assez durs pour conspuer la méthode qu’il proposait aux français d’union nationale. Une fois arrivé au pouvoir, que ne fait-il pas... Dans son cas, c’est beaucoup plus difficile à réaliser, constate François Bayrou qui ajoute que ce n’était pas ce qu’avait promis Nicolas Sarkozy aux Français. Lui l’aurait fait de manière différente. Il avait annoncé avant l’élection qu’il travaillerait ainsi, pour ne pas avoir à trahir sa parole. Mais concède François Bayrou, si Nicolas Sarkozy agit ainsi pour le bien du pays, il ne peut que saluer son geste et lui souhaiter que cela réussisse.

François Bayrou ne se sent pas en situation d’opposition face à Nicolas Sarkozy. Il veut être constructif. Tout en gardant sa liberté d’appréciation des actes de chacun dans la prochaine mandature. Il ne pense pas à 2012. Il souhaite pour la France qu’il a diagnostiquée comme malade, qu’il réussisse, parce qu’il aime son pays. Il sera de ceux qui l’applaudiront si cela va dans le sens d’un apaisement des tensions persistantes dans la société française.

Il conclut sur la dignité qu’il convient de conserver devant le verdict du suffrage universel. « Aurais-je été digne des sept millions de français qui ont voté pour moi si j’avais été immédiatement vers les vainqueurs déposer les armes. Je souhaite être une alternative à Nicolas Sarkozy. Le parti socialiste ne répond plus aux attentes des français. C’est la raison pour laquelle je me pose aujourd’hui comme le seul portant un choix crédible et indépendant. » France 5

lundi 21 mai 2007

Le Mouvement démocrate de François Bayrou sera, de 2007 à 2012, le PSU de Michel Rocard

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21 05 2007

Le Mouvement Démocrate comptabiliserait 70.000 pré-adhésions. Un grand rassemblement aura lieu le jeudi 24 mai au Zénith de Paris où les candidats aux législatives seront présentés aux adhérents. Les sondages créditent le parti de François Bayrou de 0 à 4 députés. Et si ce parti était contraint d’être uniquement un laboratoire d’idées jusqu’en 2012, une espèce de bouillon de culture politique?

Je vais vous conter une histoire (toutes ressemblances avec la réalité n’est pas le fruit du hasard) : en avril 1960, le Parti socialiste autonome, composé de dissidents de la SFIO, l’Union de la Gauche autonome, créée par des chrétiens de gauche et un groupe dissident du PCF, créaient le PSU.

Peu de points communs entre ces trois entités sauf leur opposition à la guerre d’Algérie et au « ralliement » de la SFIO au gaullisme en 1958. Au congrès constitutif 30.000 adhérents sont revendiqués par le PSU, qui a obtenu l’adhésion du référent Pierre Mendès-France. Enclavé entre le PCF et la FGDS, ce parti n’arrivait pas à se positionner clairement sur l’échiquier politique et à trouver des électeurs. En 1967, la prise en main du parti par Michel Rocard va conduire ce dernier à obtenir en juin 1969 un score de 3,61% ; en 1972 le PSU n’adhère pas à l’union de la gauche, Michel Rocard devient un éléphant de la gauche.

Ce parti n’a jamais réussi à s’imposer chez les électeurs mais il a été un véritable club de réflexion : des intellectuels d’envergure y collaboraient, Pierre Vidal-Naquet, Emmanuel Le Roy-Ladurie. En 1989, le PSU est dissous.

En mai 2007, des militants de l’UDF sous la présidence de François Bayrou décident de créer le Mouvement démocrate pour y accueillir des militants du centre gauche, du centre droit, des Verts et en général tous les citoyens qui veulent briser la lutte stérile entre la droite et la gauche.

70.000 pré-adhérents seraient inscrits sur le site de François Bayrou, ce qui est un chiffre important mais les sondages donnent de 0 à 4, voire au maximum 8 députés. Si cette hypothèse se vérifiait lors des élections de juin, cela entraînerait pour le MoDem de ne pas avoir de groupe parlementaire. Sur le plan pratique c’est n’avoir aucun poids sur le plan juridique, matériel, à l’Assemblée nationale : c’est la mort lente, voire l’avortement. Ce parti, sans élus, ne peut prétendre influer sur la vie politique, seules ses idées, ses suggestions peuvent permettre aux adhérents de cristalliser leurs énergies autour de François Bayrou.

Ce dernier a eu une couverture médiatique importante lors des présidentielles, il a même volé la vedette aux deux finalistes entre les deux tours. Une fois les élections législatives passées, les premières mesures gouvernementales étant prises, il sera complètement écarté des médias.

Le Mouvement démocrate pour vivre jusqu’en 2012 devra être un laboratoire d’idées, une force de réflexion, de rénovation. Le MoDem devra jouer un rôle de pédagogue pour démontrer aux Français qu’une troisième force peut exister et gouverner. (François Bayrou est conscient de cette situation et a déclaré, à l’émission France Europe Express, que la politique ne se faisait pas qu’à l’Assemblée nationale.

C’est ce laboratoire de réflexion (avec notamment des hauts fonctionnaires proches du PS) qui rappelle les débuts du PSU de Michel Rocard. Le MoDem aura certainement un recrutement moins « intello » que le PSU qui avait un effectif plus proche d’un club de réflexion que d’un parti politique.

Le PSU a fondu dans le PS, le MoDem en 2012 ira-t-il vers les deux partis bipolaires PS-UMP ou au contraire absorbera-t-il des membres de ces deux entités ?

On peut en douter, en effet, Nicolas Sarkozy a créé une ouverture importante vers les UDF et même la gauche. Le PS, une fois les élections législatives passées, va grandement se restructurer. DSK a lancé un véritable cri d’alarme, Hollande est très contesté en ses fonctions de premier secrétaire national, après tant d’échecs électoraux, la gauche de la gauche sera laminée après les élections législatives avec la complicité du PS : les partis vont se restructurer. Le centre, qui est en reconstruction, va être très sollicité tant par le PS que l’UMP.

François Bayrou risque d’avoir un parti type PSU et avoir un rôle identique à celui de Michel Rocard : une référence, une autorité morale, un capital sympathie très fort. Pourra-t-il rebondir en 2012 et renouveler cet engouement : ? François Bayrou aurait dit, en 2002, qu’il aurait un score à un chiffre (6%), en 2007 à deux chiffres (18,6%) et en 2012, l’élection. A suivre !


dimanche 20 mai 2007

Djamel Bouras a été investi candidat du Mouvement Démocrate

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20 05 2007

Djamel Bouras, l'ancien judoka, a été investi candidat du Mouvement Démocrate de François Bayrou dans une circonscription de Seine-Saint-Denis pour les législatives. Outre son soutien pour le candidat centriste au premier tour de la présidentielle, ce n'est pas la première fois qu'il s'investit dans le champ public.

Le Mouvement démocrate de François Bayrou présentera 535 candidats aux élections législatives, 200 femmes et 335 hommes, a-t-on appris auprès du parti centriste.

"C'est le nombre le plus élevé de candidats depuis la création de l'UDF en 1978", a indiqué à l'AFP Eric Azière, chargé des élections et des fédérations.

En 2002, l'UDF avait présenté 217 candidats.

BVA: nette majorité UMP, 4 députés au mieux pour le Mouvement démocrate

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20 05 2007

L'UMP disposerait d'une nette majorité absolue à l'Assemblée nationale avec un nombre de députés allant de 317 à 381, à l'issue des législatives, le PS aurait 151 à 200 députés et le Mouvement démocrate, malgré un bon score de premier tour, ne compterait que 0 à 4 sièges, selon une projection BVA rendue publique vendredi.

D'après cette étude réalisée pour Orange et la presse quotidienne régionale, le PCF conserverait entre 14 et 21 sièges, contre 21 aujourd'hui, les députés écologistes seraient 1 ou 2 (3 aujourd'hui) et les divers droite entre 4 et 11 (projection faite sur la France métropolitaine, soit 555 députés). Le Front national n'aurait pas d'élu.

Selon BVA, le Mouvement démocrate de François Bayrou pâtira du fait que l'UMP maintiendra ses candidats contre les siens au second tour. La projection précédente de BVA (7 mai) était la suivante: 288 à 344 députés UMP, 158 à 200 PS, 8 à 13 bayrouistes, 14 à 18 PCF, 4 à 7 divers droite, 0 à 6 écologistes, 0 député FN.

Le nombre de députés UMP est aujourd'hui de 350 (+ 9 apparentés), le nombre de députés PS de 141 (+ 8 apparentés) et la formation de François Bayrou dont la quasi-totalité des députés a rallié Nicolas Sarkozy est forte de 26 membres (+ 3 apparentés).

Au premier tour le 10 juin, l'UMP recueillerait 36% (+1) et le PS (avec PRG et MRC) 30% (=).

Profitant selon BVA de la forte exposition médiatique liée à l'annonce de son lancement par François Bayrou, le Mouvement démocrate gagnerait trois points, à 12%. Les deux tiers des sympathisants de l'UDF choisiraient un candidat issu de ce nouveau parti, qui jouera un rôle important dans la vie politique selon 65% des Français.

Le Front national est stable à 8%.

Les Verts reculent de 2 points, à 4%, comme l'extrême-gauche, qui recule à 3%.

Le PCF est crédité de 3% (=) et les autres candidats de droite de 4% (=).

8% (+1) des personnes interrogées n'ont pas exprimé d'intentions de vote.

BVA précise que la matrice de transfert des voix du premier tour vers le second tour tient compte à la fois des configurations de 2002 tout en intégrant les rapports de force UMP/UDF du 22 avril 2007 dans les circonscriptions où l'UDF n'était pas présente en 2002 ainsi que les cas particuliers où un député UDF a rejoint l'UMP.

Sondage réalisé par téléphone les 14 et 15 mai auprès d'un échantillon de 840 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

Notice détaillée disponible auprès de la commission des sondages.


Le Mouvement Démocrate dérape...

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20 05 2007

Que se passe-t-il au Modem ? On s'en doutait depuis quelques jours, mais j'avoue que j'avais encore du mal à croire que François Bayrou retirerait son investiture largement méritée à Quitterie Delmas dans la 10ème circonscription de Paris (13-14ème arrondissement). 

Je ne comprends pas que les efforts de ces jeunes sur les blogs pendant la campagne présidentielle soient récompensés de cette façon. Sans la main tendue de Quitterie et de ses amis, j'aurais sans doute arrêté ce blog suite à l'annonce de la non-candidature de Jacques Chirac. Marielle de Sarnez a-t-elle compris tout cela ?

J'ai du mal à comprendre aussi un certain nombre d'investitures en banlieue parisienne, y compris à Issy-les-Moulineaux. Je n'ai rien contre Christophe Ginisty, que je ne connais pas, mais ce blogueur reste un blogueur. Fait-il de la politique ? Même autrement ?!! Soyons sérieux.

Je ne comprends pas non plus les mèls que je reçois de la part d'ex-militants UMP... Après avoir rempli le formulaire de pré-inscription au Modem, ceux-ci se sont vus proposer une investiture en quelques heures en banlieue parisienne également. C'est quoi cette histoire ? A quoi servent ces investitures ?

Sur Paris, je n'arrive pas à comprendre les investitures du Modem à l'occasion de ces élections législatives. J'ai l'impression que ce Modem cherche à passer des accords avec le PS, Cap 21, les Verts, l'UMP, etc. J'aimerais comprendre...  

Je regrette cette décision à l'encontre de Quitterie Delmas. Mais je suis sûr que la vraie bataille se jouera à l'occasion des prochaines municipales. J'en profite pour m'adresser à Marielle de Sarnez et lui dire que le terrain compte pour gagner à Paris. Et même si je suis absent du 14ème arrondissement depuis quelques mois, je compte bien y reprendre ma place. Ce message est valable pour Nicole Guedj, ne souhaitant pas commenter son parachutage dans le 14ème arrondissement, pour l'instant. L'élection présidentielle étant terminée, nous allons pouvoir tous régler nos comptes en toute transparence, il va falloir faire de la politique autrement.    

Je te souhaite beaucoup de courage Quitterie, n'étant pas inquiet pour ton avenir politique. La bataille ne fait que commencer. En attendant les prochaines échéances, nous avons les moyens de gagner cette première bataille sur les blogs, alors manifestez-vous pour faire de la politique autrement. Dites-le sur vos sites respectifs.


Comment François Bayrou peut interpréter les 60 000 pré-adhésions au Mouvement Démocrate mais ses 10% dans les sondages ?

20 05 2007

François Bayrou voit une "vague orange" avec 7 millions de voix aux Présidentielles, le débat avec Ségolène Royal, les appels ou les mains tendus de l'entre deux tours et les 100 000 demandes d'adhésion qui seront atteintes pour le meeting du Zenith mais les sondages renvoient davantage l'image d'un "soufflet électoral" avec 8,5 points perdus en 1 mois.

Une dynamique qui ne se traduit pas dans la réalité ? Le Mouvement Démocrate possède l'élan médiatique mais sans le "socle électoral", 100 000 adhérents en 15 jours mais "la moitié" de ses électeurs perdus en 1 mois.

Même si les candidats UDF (ou du Mouvement Démocrate) sont déjà en campagne, la campagne législative sera véritablement lancée par François Bayrou le 24 mai à partir du Zenith, c'est à dire à 15 jours du scrutin.

Après la difficulté pour François Bayrou d'atteindre le nombre de sièges nécessaires pour constituer un groupe parlementaire en 2002 et d'avoir ainsi une "force d'opposition", la fuite des députés UDF en faveur de l'UMP risque de cantonner le Mouvement Démocrate au statut de "parti muet" à l'Assemblée.

S'agit-il d'un naufrage annoncé ou existe-t-il une stratégie au-delà de la position "au milieu" voulue par François Bayrou ?

samedi 19 mai 2007

L'UDF Mouvement démocrate aura 535 candidats aux législatives

19 05 2007

L'UDF Mouvement démocrate de François Bayrou présentera 535 candidats aux élections législatives, 200 femmes et 335 hommes, a-t-on appris vendredi auprès du parti centriste.

"C'est le nombre le plus élevé de candidats depuis la création de l'UDF en 1978", a indiqué à l'AFP Eric Azière, chargé des élections et des fédérations.

En 2002, l'UDF avait présenté 217 candidats.

Le président de l'UDF, François Bayrou, a lancé jeudi dernier son nouveau parti centriste, surnommé MoDem, lors d'un conseil national à Paris, dans l'espoir de prolonger aux législatives son élan du premier tour de la présidentielle (18,57% des voix).

La création du Mouvement démocrate, dont l'UDF est "une force constitutive", sera formalisée lors d'un congrès "à l'automne". Ses candidats aux législatives se sont inscrits dans les préfectures sous l'étiquette "UDF-Mouvement Démocrate".

Dans la liste des candidats, rendue publique vendredi soir, figurent une quarantaine de personnes venues des Verts et de Cap 21, le parti écologiste de Corinne Lepage (qui n'est pas elle-même candidate), a souligné M. Azières.

Parmi les 535 candidats, six ont reçu le "soutien" du MoDem, tous les autres étant "investis".

Seuls cinq députés UDF sortants (sur 29) ont été investis - François Bayrou et Jean Lassalle (Pyrénées-Atlantiques), Anne-Marie Comparini (Rhône), Gilles Artigues (Loire), Jean-Christophe Lagarde (Seine-Saint-Denis) - auxquels il faut ajouter deux députés "soutenus" (Philippe Folliot, Tarn, et Rodolphe Thomas, Calvados).

Six députés européens UDF (sur 11) sont également investis: Marielle de Sarnez et Claire Gibault à Paris, Bernard Lehideux dans les Hauts-de-Seine, Jean-Marie Cavada dans le Val-de-Marne, Anne Laperrouze dans le Tarn, Thierry Cornillet dans la Drôme. Le général et eurodéputé Philippe Morillon est suppléant dans le Maine-et-Loire.

L'UDF Mouvement démocrate n'a pas de candidats dans plusieurs circonscriptions d'Outre-Mer.

Elle ne présente pas non plus de candidats contre la plupart des députés UDF sortants qui se sont ralliés à Nicolas Sarkozy après avoir soutenu François Bayrou au premier tour, à cinq exceptions près: Stéphane Demilly, Francis Hillmeyer, Michel Hunault, François Rochebloine et Olivier Jardé.

Aucun candidat n'a été investi contre Hervé Morin, le chef de file des députés UDF nommé ministre de la Défense, mais "un militant a déposé sa candidature contre lui", a précisé M. Azière.

Des candidats ont été investis face à Christian Blanc et André Santini, qui s'étaient ralliés à Nicolas Sarkozy avant le premier tour.

Parmi les personnalités qui porteront les couleurs du MoDem figurent le descendant de la famille impériale Charles Napoléon (investi en Seine-et-Marne) et l'ancien judoka Djamel Bouras (Seine-saint-Denis).


Un candidat UDF Mouvement démocrate face à Hervé Morin dans l'Eure

19 05 2007

Un candidat de l'UDF Mouvement démocrate de François Bayrou se présente face au nouveau ministre de la Défense Hervé Morin dans la 3ème circonscription de l'Eure, a-t-on appris vendredi soir auprès de la déléguée de cette formation dans ce département. Philippe Raviart a été enregistré vendredi sous cette étiquette en treizième position sur quinze dans la circonscription dont Hervé Morin, qui est président du groupe UDF à l'Assemblée nationale, est le député depuis 1998. "Ce n'est pas une initiative locale mais parisienne", a affirmé Danielle Jeanne, déléguée de l'UDF Mouvement démocrate dans l'Eure. Danielle Jeanne assure qu'elle a demandé au siège de l'UDF Mouvement démocrate de "retirer" cette candidature. "Je ne sais pas si cette candidature qui peut ne pas être activée ira jusqu'au bout", a-t-elle ajouté. De son côté, Eric Ravière, chargé des élections et des fédérations à l'UDF Mouvement démocrate, a affirmé vendredi soir qu'aucun candidat n'avait été investi contre Hervé Morin mais qu'un militant avait déposé sa candidature contre lui. Selon Eric Ravière, l'UDF Mouvement démocrate ne présente pas de candidats contre les députés UDF sortants qui se sont ralliés à Nicolas Sarkozy après avoir soutenu François Bayrou, à cinq exceptions près: Stéphane Demilly, Francis Hillmeyer, Michel Hunault, François Rochebloine et Olivier Jardé. Des candidats ont été en revanche investis face à Christian Blanc et André Santini, qui s'étaient ralliés à Nicolas Sarkozy avant le premier tour. Hervé Morin longtemps proche de François Bayrou avait appelé à voter "sans hésitation" en faveur de Nicolas Sarkozy entre les deux tours de l'élection présidentielle.

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mardi 15 mai 2007

Bayrou expose la ligne du Modem

Eva longoria, la fille la plus sexy au monde !

15 05 2007
Par Grégory BLACHIER
leJDD.fr
>> Une semaine après l'annonce de sa création, le Mouvement démocrate de François Bayrou tente de s'installer. Dimanche, le troisième homme de l'élection présidentielle a réaffirmé, comme il l'avait fait toute la campagne, qu'il était un homme libre et qu'il n'était pas tenu par un choix droite ou gauche. Il n'a pas fermé la porte à une discussion avec Nicolas Sarkozy.

"Simplement, je suis libre". L'électron François Bayrou, qui a créé il y a une semaine le Modem (Mouvement démocrate), n'a pas changé de ligne de conduite. Troisième homme de la présidentielle avec plus de 18% des suffrages, le chantre du "ni droite ni gauche" savoure le petit succès de sa ligne. Invité dimanche du Grand Rendez-vous d'Europe 1, il n'a pas hésité à lancer un chiffre sur lequel il compte construire son succès aux législatives : 52000 partisans inscrits en une semaine pour sa formation qui, promet-il, ne sera pas représentée par "des machines à voter". Car l'idée de François Bayrou est d'ancrer définitivement son nouveau parti au milieu de la mêlée. Il n'a eu de cesse de le marteler : Ni dans l'opposition, ni dans la majorité. Ni droite, ni gauche, donc. Une attitude "constante".

"Ceux de la majorité votent toujours oui, ceux de l'opposition votent toujours non. Il me semble que ça n'est pas défendre ses électeurs de voter toujours oui ou non", a lancé celui qui se pose désormais en maître de la liberté de pensée. La fronde du futur candidat, et les divisions au sein de l'UDF, avaient d'ailleurs été déclenchées par des votes du centriste et de certains de ses soutiens contre le gouvernement Villepin : Non au CPE, non au vote de confiance au gouvernement en juin 2005, vote de la motion de censure en mai 2006 avec les socialistes. La révolution tranquille s'est construite ainsi, et François Bayrou entend renforcer l'idée d'un parti enfin à l'écoute des électeurs : "Défendre les électeurs, c'est leur donner la garantie qu'ils vont avoir des élus qui vont faire le boulot, c'est-à-dire quand un texte est bien, l'approuver, quand un texte est mauvais, le désapprouver sans qu'il y ait d'a priori systématique". Dès lors, la question se pose de savoir quels sont les mesures que Bayrou et ses collègues - dont le nombre reste bien difficile à déterminer compte tenu de la concurrence qui s'annonce avec la vingtaine de députés UDF ralliés à Nicolas Sarkozy - approuveront. Les positions sur la justice ou l'immigration d'un candidat que François Bayrou avait estimé "dangereux pour la démocratie" par certains aspects vont-elles le convaincre ?

"J'irais discuter" avec Sarkozy

Le centriste, tout en assurant qu'il souhaite "signaler ce qui est inquiétant" et rappelant qu'il a "exprimé ses réserves" quant au nouveau président de la République, veut espérer que le pays "ira mieux". Et s'il fait mine de ne pas choisir entre sarkozystes et socialistes, il annonce qu'il adoptera une position "constructive". Après avoir débattu avec Ségolène Royal dans l'entre deux tours, et dit qu'il ferait de même si Nicolas Sarkozy le lui demandait, il répète qu'il "irait discuter avec lui" s'il le sollicitait aujourd'hui. Il juge la situation "différente" d'avant le premier tour. "Il est président de la République, il est celui qui est en charge de ce que la nation a de plus important et de plus précieux", explique-t-il, ajoutant qu'il n'est "pas en embuscade". Ses soutiens, qui se présenteront sous l'étiquette UDF-Modem, seront peut-être rassurés par ce signe d'ouverture qui pourrait être interprété comme un assouplissement avant les législatives des 10 et 17 juin, et leur éviter un affrontement avec les UDF de la majorité présidentielle. François Bayrou réfute "toute stratégie". "Les deux candidats arrivés en tête ont vocation à rester pour le deuxième tour. C'est cette idée qui permettra de faire émerger une force politique nouvelle", prévient-il, optimiste quant à la capacité de ses candidats à se glisser entre ceux du Parti socialiste et de l'UMP. Un optimisme qu'il est obligé d'adopter, car c'est le prix de sa liberté.

lundi 14 mai 2007

Bayrou se veut "en situation constructive" face à l'UMP

14 05 2007

Son Mouvement Démocrate aurait reçu 52.000 adhésions en une semaine.



 
En moins d'une semaine, le nouveau parti lancé par François Bayrou a recueilli 52 000 inscriptions, a affirmé hier l'ex-candidat UDF à la présidentielle. La formation du Mouvement démocrate (Modem) a été annoncée au soir du second tour et confirmée jeudi. François Bayrou a expliqué, hier sur Europe 1, lors de l'émission « Le Grand rendez-vous », qu'il cherchait à construire une formation politique avec des députés « qui ne soient plus des machines à voter ».
 
« Il me semble que ça n'est pas défendre ses électeurs de voter toujours oui ou toujours non, a déclaré le fondateur du Modem, ajoutant : Défendre les électeurs, c'est leur donner la garantie qu'ils vont avoir des élus qui vont faire le boulot c'est-à-dire quand un texte est bien, l'approuver, quand un texte est mauvais le désapprouver sans qu'il y ait d'a priori systématique à l'avance selon lequel c'est en fonction de son camp que l'on vote. »
 
François Bayrou se dit « en situation constructive » par rapport à la nouvelle majorité présidentielle autour de Nicolas Sarkozy. « Tout ce que le nouveau pouvoir fera de bien, je le soulignerai et je le soutiendrai, a-t-il promis. Simplement, je suis libre. Au lieu d'être engagé à approuver tout, je suis libre de dire ce qui est bien et ce qui risquerait d'être moins bien. »

samedi 12 mai 2007

François Bayrou : "Le mouvement démocrate sera le parti de la liberté !"

12 05 2007





Devant 2500 personnes, François Bayrou a rappelé la "magnifique aventure" de l'élection présidentielle qui l'a vu rassembler sur son nom sept millions d'électeurs. Venant de droite, de gauche, du centre. Le président du futur Mouvement démocrate assure que la confrontation des blocs sera contre-productive pour la France et les Français. C'est dans ce contexte qu'il a appelé à la création d'une nouvelle force politique, le Mouvement démocrate. Il réunira des sensibilités venues de toute part. Des écologistes, des gaullistes, des centristes de droite et de gauche viendront s'amarrer à ce nouveau parti. François Bayrou a également annoncé que près de 22.000 adhésions se comptaient déjà à ce jour, sans aucune publicité. Qui forment les bases de ce nouveau mouvement. Il "défendra les citoyens devant le pouvoir". Les parlementaires seront libres de leur vote, dans un mouvement unique de la vie politique française. Il a conclu par une allusion aux deux partis majoritaires : "Je ne quitterai pas l'allégeance de l'un pour me réfugier dans celle de l'autre." Les conseillers nationaux ont approuvé à une très large majorité la création du Mouvement démocrate.

"Je vous demande d'accueillir à cette tribune Michel Mercier, président du groupe UDF au Sénat, Jacqueline Gourault, présidente des élus démocrates, et Marielle de Sarnez, responsable du groupe de l'UDF au Parlement européen, Didier Bariani, responsable des statuts, Anne-Marie Comparini, députée du Rhône, Gérard Vignoble, député du nord, Gille Artigues, député de la Loire, Jean Lassale, député des Pyrénées-Atlantiques.

Je vous demande également de saluer la présence de Corinne Lepage.

Ma gratitude et mes excuses iront, en premier lieu, à tous ceux, très nombreux, qui n'ont pas pu entrer dans cette salle pour des raisons de sécurité, à qui j'adresse mon salut et que je voudrais vous demander d'applaudir.

Ma gratitude va, ensuite, à vous qui avez pris sur une journée de travail pour venir participer, prendre votre part de ce Conseil national et des orientations qu'il arrêtera. Je vous remercie aussi de votre présence.

Ma gratitude va aux élus qui ont pris une part si importante dans cette campagne électorale et je veux remercier, après les présidents de groupe que j'ai cités, qui sont à la tribune, et les députés que j'ai cités, qui sont aussi à la tribune, Jean Arthuis, président de la Commission des finances du Sénat, Nicolas About, président de la Commission des affaires sociales du Sénat, Claude Piray, sénateur de la Meuse, Muguette Dini, sénateur du Rhône.

Je me lance dans un exercice extrêmement périlleux, car, si j'en oublie, on me coupe la tête ! Je cite ceux que j'ai vus !

Françoise Ferat, sénatrice de la Marne Jean-Jacques Jégou, sénateur du Val-de-Marne, Adrien Giraud, sénateur de Mayotte, Philippe Arnaud, sénateur de Charente, Philippe Nogrix, sénateur d'Ille-et-Vilaine, Philippe Nogrix, Yves Détraigne, sénateur de la Marne, Daniel Soulage, sénateur du Lot-et-Garonne, Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur du Pas-de-Calais, François Zocchetto, sénateur de Mayenne, Denis Badré, infatigable sénateur des Hauts-de-Seine, Christian Gaudin,sénateur du Maine-et-Loire, Catherine Morin Desailly, sénatrice de Seine-Maritime, Marcel Deneux, sénateur de la Somme.

Je veux également saluer les députés européens Jean-Marie Cavada, député européen, Claire Gibault, députée européenne, Nathalie Griesbeck, députée européenne, Anne Lapérrouze, députée européenne et future députée du Tarn, Philippe Morillon, député européen, Thierry Cornillet, député européen, Bernard Lehideux, député européen.

Si j'en ai oublié, ils me le pardonneront ! Ce n'est pas le cas, tout est bien.

Je re-cite les présidents de groupe : Michel Mercier, président du groupe au Sénat, Marielle de Sarnez, présidente du groupe au Parlement européen, l'un et l'autre ayant assumé, pour l'un, les fonctions de trésorier de la campagne et, pour l'autre, la fonction de directrice de la campagne et j'y joins Jacqueline Gourault, présidente des élus.

Après l'expression de cette gratitude, au fond, je vais vous dire des choses très simples. La première, c'est le bonheur intense que je vous dois d'avoir eu à conduire, avec vous et avec les Français, cette magnifique aventure de l'élection présidentielle, d'avoir eu à conduire, avec vous et avec les Français, cette magnifique entreprise de l'élection présidentielle, car ce que nous avons fait, et que nous avons fait à la surprise générale, ce n'est pas simplement un acte politique, c'est quelque chose de beaucoup plus profond, c'est de rencontrer le sentiment et l'âme de tout un peuple exprimé par près de sept millions des lecteurs qui ont voulu, contre vents et marées, imposer le changement qu'ils attendaient dans la vie politique française.

Ces sept millions de suffrages m'obligent et nous obligent, sept millions de Français, près de 19 % des voix, cela signifie que quelque chose s'est passé en profondeur au cours de cette campagne électorale, au cours de ce scrutin et ce quelque chose qui s'est passé en profondeur parle de l'essentiel, du sentiment démocratique des Français.

C'est de cela que je voudrai vous dire un mot.

Comment se fait-il que nous ayons pu ainsi mobiliser un tel capital de confiance ? Comment se fait-il, alors que les deux grandes formations politiques qui nous entouraient, expliquaient à qui voulait les entendre que, naturellement, notre projet politique n'existait pas, que notre programme n'existait pas, qu'il s'agissait, disaient-ils, d'une illusion. J'ai d'ailleurs beaucoup ri -je dois le dire- entre les deux tours, parce que la veille, notre programme n'existait pas et, le lendemain, toutes les pages de journaux étaient remplies de la comparaison, chapitre par chapitre et paragraphe par paragraphe, de notre programme avec le programme des autres.

Je voudrais que nous mesurions ensemble ce que signifie la capacité de résistance de temps et temps de millions de citoyens décidés à imposer leur jugement contre tous les experts, toutes les puissances, tous les analystes et un très grand nombre de médias.

J'ai, pour ma part, beaucoup admiré la volonté de ces citoyens, lorsqu'il est arrivé que des magistratures médiatiques importantes, dans des journaux très importants, veuillent, à plusieurs reprises, leur expliquer que leur vote serait illégitime ou que leur vote ne serait pas démocratique. Il a fallu voir ce qu'a été la mobilisation des lecteurs sur les forums et sur les forums de ces journaux pour rappeler qu'ils étaient, eux, le peuple souverain et qu'ils avaient, eux, l'intention de changer, je le dis sans la moindre trace de rancœur, je ne me suis jamais, à aucun moment, fait d'illusion sur les puissances auxquelles nous aurions à nous heurter pour proposer aux Français le changement qui paraissait nécessaire pour notre pays.

Je ne me suis jamais fait aucune illusion. J'ai toujours pensé que cela heurterait des conforts, des habitudes et des intérêts très importants, mais j'ai pensé, depuis le début, que c'était nécessaire pour la France, car, tout au long de cette entreprise, je n'ai eu à l'esprit que la situation réelle du pays, situation encore dissimulée aujourd'hui, parce que le catalogue interminable des promesses électorales, les dizaines de milliard d'euros qui ont été promis par les uns et par les autres. Cela a, pendant un moment, fait l'effet d'un anesthésique sur la situation du pays et, maintenant, nous sommes au pied du mur et on va voir revenir les problèmes de la France.

Ma conviction est la même.

Si nous ne changeons pas la manière qui est la nôtre de faire de la politique dans notre pays, nous n'avons aucune chance dans la confrontation des uns contre les autres, dans l'affrontement des uns avec les autres, dans le choc des uns avec les autres. Nous n'avons aucune chance de répondre aux problèmes de la France et je n'ai jamais perdu de vue ce sentiment profond.

Les problèmes de la banlieue sont insolubles dans cet affrontement, les problèmes de l'éducation sont insolubles dans cet affrontement, les problèmes de l'hôpital sont insolubles dans cet affrontement, les problèmes de la santé des Français sont insolubles dans cet affrontement, le problème des retraites est insoluble dans cet affrontement, le problème du climat est insoluble dans cet affrontement.

On a vendu aux Français de l'affrontement et l'affrontement ne résoudra pas les problèmes de la France. Que dis-je, on a vendu aux Français l'ivresse de l'affrontement, l'ivresse de la condamnation des uns par les autres, l'ivresse de la caricature. On a entendu, pendant la campagne électorale, expliquer par exemple que la gauche était toujours du côté des délinquants contre les victimes. Je ne crois pas que ce soit le cas. On a entendu dire que la Droite était toujours du côté des actionnaires contre les salariés, je ne crois pas que ce soit le cas.

Je crois qu'il y a, dans notre pays, des sensibilités politiques. Je ne crois pas que l'une soit disqualifiée à l'avance par rapport à l'autre et, quoi qu'il en soit, notre volonté est de les respecter toutes et, un jour, de les faire travailler ensemble.

Et les sept millions de Français qui ont voté pour nous, l'ont fait pour nous pour sortir de cet antagonisme et de cette mise en scène. Ils ont voté pour nous, car ils ont entendu que notre volonté, notre conviction était de faire que, un jour, dans notre pays, en l'annonçant à l'avance, on soit capable de traverser les frontières du passé pour faire naître des coalitions, des rencontres, des alliances qui permettent, dans notre pays, de regarder les problèmes et non plus de regarder les étiquettes.

C'est car nous voulons regarder les problèmes et non plus les étiquettes, que nous avons voulu espéré et défendu l'idée que l'on pouvait bâtir des majorités d'idées et que l'on pouvait sortir de l'affrontement perpétuel d'un côté contre l'autre, d'une majorité contre une opposition décidée, pour l'une, à toujours répondre oui et, pour l'autre, à toujours répondre non...

Derrière cette aspiration au rassemblement des Français, aspiration au rassemblement assumé devant eux, annoncer devant eux, je dis à l'avance, on annonce qu'il y aura des ouvertures, on dit que l'on va faire un Gouvernement pluraliste, mais l'ouverture n'a pas de légitimité si elle n'a pas été défendue et annoncée, en principe, devant les Français.

C'est l'annonce préalable, le contrat signé avec les Français qui donne sa légitimité à la composition d'un Gouvernement de rassemblement.

Si on a vendu l'affrontement, on ne peut pas faire le rassemblement et, quoi qu'il en soit, le rassemblement n'aura pas de légitimité.

Et les Français ont voté pour nous pour une troisième raison qui, à mon sens, elle aussi, est importante et va dominer les années qui viennent. Les Français ont voté pour nous, parce qu'ils sont à la recherche d'une synthèse politique nouvelle. Ils voient bien que, entre la ligne politique qui a été tracée par Nicolas Sarkozy qui a gagné cette élection et la ligne politique qui était tracée par le Parti socialiste, il y a, en réalité, comment dirais-je, deux manquements à la vérité. Et les Français attendent qu'on leur propose une synthèse politique qui soit une synthèse démocratique et sociale, démocratique, efficace en économie et sociale qui soit, au fond, un projet qui incarne ou qui permette de rassembler les valeurs et les attentes différentes qui sont les leurs.

C'est pourquoi les mots de social-démocratie, les mots de démocratie sociale ont, au fond, joué un si grand rôle dans la critique qui a été celle des électeurs du Parti socialiste et du projet de l'UMP qui l'a emporté.

Cette synthèse, ne croyez pas qu'elle soit effacée par la victoire des uns et la défaite des autres, c'est un impératif qui va s'imposer au cours des années qui viennent dans notre pays qui est à la recherche d'un nouvel horizon, d'une nouvelle société, comme disait Jacques Chaban-Delmas, capable de réconcilier notre pays avec son histoire et avec son avenir.

Pas plus que cette synthèse ne s'est effacée, les sept millions de Français qui ont voté pour nous ne se sont effacés du champ politique français. Ils expriment la même exigence et toute la question qui est devant nous aujourd'hui est : répondons-nous à leurs espérances, à leurs exigences, à leurs attentes ou, au contraire, décidons-nous de les abandonner ?

Ma conviction profonde est que, à cette question, il faut que nous apportions une réponse claire, autrement dit, dans la situation politique qui est la notre aujourd'hui, ayant réalisé ce score extraordinaire, rencontré cette confiance qui est une confiance émouvante, dans cette situation, nous avons à répondre à une question : allons-nous aller de l'avant ou allons-nous revenir en arrière ?

Allons-nous, nous qui avons sollicité la confiance des Français, qui les avons convaincus pour une très grande part, qui en avons intéressé une beaucoup plus grande par encore, parce que je suis persuadé que beaucoup de Français qui, au dernier moment, ont renoncé à voter pour nous en avaient fortement envie et, pour un grand nombre d'entre eux, ont regretté de ne pas l'avoir fait et, au fond, pour un bon nombre d'entre eux qui ne l'ont pas fait, qu'elle a été la raison principale ? La raison principale a été que l'on utilise leur vote pour revenir aux anciens schémas de la vie politique française.

Ils se sont interrogés, au fond, sur la profondeur et l'authenticité de la démarche que je leur proposais. Ils se sont interrogés, alors qu'ils étaient intéressés et, pour un certain nombre et peut-être un grand nombre d'entre eux, ils ont conclu que leur certitude n'était pas assez forte, mais je ne les oublie pas ceux-là, dans le choix qui est le nôtre aujourd'hui. Je pense que l'on peut leur montrer quelle était la vigueur et la profondeur, en effet, de l'orientation politique que nous leur proposions.

Aller de l'avant ou revenir en arrière ? Revenir en arrière, qu'est-ce que c'est ? Revenir en arrière, c'est accepter -je voudrais vous rendre attentifs à ceci- que, dans la vie politique française, il n'y ait que deux camps, la Gauche et la Droite, la majorité et l'opposition, qu'il faille nécessairement faire allégeance à un camp ou à l'autre, qu'il faille nécessairement céder aux pressions d'un camp ou de l'autre et qu'il faut renoncer à l'idée que l'on doit tracer un chemin nouveau, une voix nouvelle entre ces deux camps pour que la démocratie française retrouve sa vigueur, son authenticité et sa légitimité.

Parce que naturellement, je n'ignore rien des pressions, appelons-les par leur nom, des pressions électorales, je n'ignore rien des pressions qui s'exercent sur un certain nombre d'élus, pas tous ou en tout cas tous n'y répondent pas de la même manière et c'est pourquoi je voudrais vous demander d'applaudir les députés qui sont à cette tribune.

Les députés qui sont à cette tribune…

(Standing ovation…)

…Et qui ont simplement choisi de rester fidèles à ce qu'ils avaient dit aux électeurs tout au long de la campagne électorale. Voyez-vous, je n'aurais pas un mot de condamnation ou d'accusation contre ceux qui ont fait l'autre choix. Je veux seulement dire ceci : considérez que nous ne sommes pas là seulement pour exprimer des sentiments, mais pour porter l'image d'une famille politique.

Je n'aurais pas un mot d'accusation ou de condamnation à leur endroit. Je sais que c'est difficile et, d'une certaine manière, je suis payé pour savoir que c'est difficile, mais je veux leur dire ceci ou je veux nous dire ceci : dans la vie, quand c'est l'essentiel qui est en jeu et que l'on subit des pressions, au fond, la question est très simple, vous n'avez le choix qu'entre deux attitudes, vous n'avez le choix qu'entre céder ou résister et ma conviction profonde est que c'est plus facile de céder, mais c'est sans avenir et il est plus juste, plus loyal, plus promoteur, plus important de résister et de montrer ainsi de quel bois l'on est fait, de quel métal, de quelle structure, de quelle charpente l'on est fait.

Azouz Begag vient de nous rejoindre.

Je dis avec certitude que, si la question est entre céder et résister, ma réponse c'est : nous avons le devoir de résister.

J'ai résisté hier, je résisterai aujourd'hui, je résisterai demain, parce que c'est de résistance que la France a besoin.

Voyez-vous, dans cette idée qui paraît si simple, majorité d'un côté, opposition de l'autre et il faut nécessairement être d'un côté ou de l'autre, je souris, car je vois des amis gaullistes dans cette salle, si on avait dit au Général de Gaulle qu'il convenait, sous une République dont les institutions ne lui agréaient pas et dont il avait vu la difficulté et les problèmes, qu'il s'agissait d'être d'un côté ou de l'autre, il aurait éclaté d'un de ses éclats de rires homériques dont il avait le secret. Il y a des moments où il ne faut être, ni d'un côté, ni de l'autre pour tracer la voix de l'avenir pour le pays.

Dans cette idée qui paraît si simple "majorité ou opposition", il y a, en réalité, deux choses extrêmement pernicieuses, extrêmement lourdes qui engagent jusqu'à la conception même de la démocratie et de la vocations d'un élu du peuple.

Le premier de ces éléments pernicieux, c'est que, si vous êtes d'un côté, dans la majorité, vous êtes liés par la discipline majoritaire et, si vous êtes de l'autre, dans l'opposition, vous êtes liés par la discipline de l'opposition. Vous êtes obligés de voter toujours pour d'un côté et toujours contre de l'autre et, d'ailleurs, j'ai entendu à la radio -et vous aussi peut-être- que l'on ne pourrait être considéré comme candidat de la majorité présidentielle quand on avait soutenu Nicolas Sarkozy que si on acceptait de signer un engagement qui était un engagement de discipline à l'intérieur de la majorité fondé sur quatre points… Peut-être je suis en train de les libérer en énonçant cette liste… Quatre points extrêmement intéressants.

Le premier, je veux bien l'accepter, c'est : "Je voterai la confiance au Gouvernement qui se présentera à l'Assemblée Nationale". Je comprends cela.

Le deuxième c'est : "Je ne voterai jamais la censure". Je comprends... Essayons de porter cette image d'un mouvement d'avant-garde, donc ouvert au débat en particulier.

Je regrette de dire qu'un député digne de ce nom ne peut pas s'engager à ne jamais voter la censure, parce qu'il peut y avoir des circonstances graves pour le pays dans lesquelles il considère que c'est son devoir de voter la censure.

Les troisième et quatrième engagements disent, à eux seul, l'allégeance dans laquelle il faut s'engager, puisque le troisième et quatrième engagements, c'est : "Je m'engage à voter tous les budgets qui seront présentés à l'Assemblée Nationale et tous les budgets de la Sécurité Sociale qui seront présentées à l'Assemblée Nationale".

Comment peut-on être un député digne de ce nom, si on est lié par un engagement d'avoir, à l'avance, à voter le budget et le budget de la Sécurité Sociale ?!...

Que fait-on si on considère que le budget n'est pas bon, qu'il creuse le déficit ou qu'il est infidèle ? Comment fait-on si on considère que les dépenses de la Sécurité Sociale ne sont pas financées ou que les orientations arrêtées par ce sujet ne sont pas bonnes pour l'hôpital pour la médecine de ville ou pour la pharmacie pour les personnes âgées ou pour les bébés qui viennent de naître ? Que fait-on ?

Où est la liberté de conscience qui doit être la règle absolue d'un élu, si on est à l'avance lié par une discipline majoritaire ou par une discipline de l'opposition, ce qui est la même chose ?

Je considère que l'un des chapitres les plus importants du programme, du projet que nous avons défendu devant le pays, du contrat de confiance que nous avons proposé aux Français, l'un des chapitres les plus importants était celui si : désormais, chez nous, il n'y aura pas ce carcan de la discipline de vote dans lequel on s'enferme. Nous voulons des parlementaires de plein exercice, de pleine légitimité, de pleine dignité, qui décideront en conscience si les textes qu'on leur propose sont justes ou si les textes qu'on leur propose sont injustes et qui sont décidés à voter oui s'ils sont justes et non s'ils sont injustes.

La politique française, la démocratie française et la France tout court ont besoin, j'en ai la conviction, d'un mouvement politique qui soit le mouvement politique de la liberté, la liberté de vote, la liberté de conscience, la liberté de jugement, la liberté d'engagement.

Le deuxième éléments pernicieux, c'est que, lorsque les élus sont ainsi enfermés dans une allégeance aux uns ou aux autres, les uns votants toujours oui et les autres votants toujours non, quand ils sont enfermés dans cette allégeance, il n'y a plus personne pour défendre les citoyens, parce que vous vous rendez bien compte que la défense des citoyens ne s'accommode pas du fait que les uns votent toujours oui et les autres votes toujours non.

Les citoyens ne doivent ainsi pas savoir quel est le degré de gravité ou de justesse des textes qu'on leur soumet.

La défense des citoyens, c'est la liberté de vote, c'est la même chose.

Et j'ai la conviction profonde que, dans la période dans laquelle nous sommes entrés, il faut qu'il y ait un mouvement politique dont l'engagement soit, non pas de défendre le pouvoir devant les citoyens, mais de défendre les citoyens devant le pouvoir, de défendre la libre information des citoyens, de défendre les libertés publiques dans notre pays, d'être intraitable lorsqu'il s'agit des difficultés que rencontrent les plus fragiles, parce que ce sont les plus fragiles qui souffrent et ce sont les plus fragiles dont nous avons la charge les premiers.

Nous avons besoin d'avoir, à l'Assemblée Nationale, des défenseurs des citoyens. Je vous le dis du fond du cœur.

Comme vous le savez, j'ai eu de lourds différends avec Nicolas Sarkozy pendant cette campagne électorale et, comme vous le savez, je ne lui ai pas donné mon suffrage, alors que la plupart des élus de notre mouvement choisissaient de le faire, mais je souhaite que la période qui s'ouvre soit une période positive pour la France. Je l'aborde dans cet esprit.

Je voudrais que les inquiétudes que j'ai exprimées, les craintes que j'ai nourries, soient démenties par la réalité. Si tel est le cas, je le dirai, mais je sais, avec certitude qu'il faut qu'il y ait, à l'Assemblée Nationale, des élus qui soient des élus vigilants et intransigeants à l'égard de ce qui va être décidé, à l'égard des décisions, des orientations et des choix qui vont être faits pour notre pays.

Voyez vous, nous sommes dans une situation historique particulière. L'UMP va naturellement avoir la majorité à l'Assemblée Nationale, elle a la majorité au Sénat. Il a, ce mouvement, ce courant de pensée, l'UMP a la presque totalité des corps de contrôle dans notre pays et il suffit d'avoir lu les déclarations qui, hier, étaient celles du président sortant du Conseil constitutionnel à notre endroit pour mesurer qu'il y a loin de l'éminente responsabilité de ces corps de contrôle à la neutralité que cette éminente dignité ou responsabilité devrait entraîner, qu'il y a loin de cette responsabilité à la réserve, c'est tout à fait naturel et tout à fait normal, que les hommes aient, à titre personnel, des opinions.

Ce qui n'est pas naturel et pas normal, c'est que, dans des organismes ou des magistratures aussi importantes, il n'y ait que des gens qui aient la même opinion, il n'y ait que des gens qui appartiennent au même courant de pensée, il n'y ait que des gens qui soient de la même inspiration et donc vous allez avoir naturellement toutes les responsabilités de l'exécutif, naturellement toutes les majorités à l'Assemblée Nationale et au Sénat, naturellement la présidence de l'Assemblée Nationale et la présidence du Sénat, naturellement l'inspiration de tous les corps de contrôle.

Je dis que, dans une situation comme celle-là, rien n'est plus important que de bâtir, en France, un contre pouvoir libre, capable de s'exprimer, capable de s'avancer devant les citoyens en disant : "Attention, il y a la quelque chose qui ne va pas". Nous ne sommes pas des opposants systématiques. Nous sommes des hommes et des femmes libres qui avons l'intention de dire et de surveiller ce qui va se passer dans notre pays dans les cinq années qui viennent.

Et je le dis en particulier à l'intention de ceux qui ont fait le choix que vous savez dans notre groupe parlementaire sortant. On pouvait parfaitement être membre, on peut parfaitement être membre de notre famille politique, tout en nourrissant des sentiments de bienveillance à l'égard du Gouvernement et du Président de la République, si on a été convaincu entre les deux tours des vertus qui étaient les siennes.

On peut parfaitement vivre cela, puisque nous sommes le parti de la liberté, puisqu'il y a, chez nous, la liberté de vote, mais ce que l'on ne peut pas faire en effet, en étant membre de notre famille politique, c'est d'être lié par une allégeance, par une discipline de vote qui n'appartient pas à la conscience, qui n'appartient pas à notre délibération, qui appartient au "seigneur".

Au fond, voilà les trois forces politiques qui vont se présenter devant les Français : celle qui votera toujours oui, celle qui votera toujours non et celle qui considère qu'elle a le devoir d'être libre pour défendre les intérêts de la Nation, les principes de la démocratie et la vie quotidienne des Français dont elle a la charge.

En effet, à cette liberté, je ne renoncerai jamais. Je ne renoncerai pas apporter cette attitude politique nouvelle, parce que j'ai la conviction que la démocratie française en a besoin. La démocratie française n'a pas besoin de parlementaires robotisés qui votent systématiquement dans le même sens, sans même avoir examiné les textes qu'on leur propose. La politique et la démocratie française ont désormais besoin de parlementaires de pleine conscience et de plein exercice qui décident, en effet, d'exercer les mandats exclusifs que leur ont confiés les citoyens en les élisant à l'Assemblée Nationale.

Et, en effet, j'ai la conviction, j'en viens à l'objet de ce Conseil national, que cette force parlementaire nouvelle, cette force parlementaire libre, décidée à défendre les Français, il faut qu'elle s'appuie sur un mouvement politique nouveau, non pas que j'ai, à l'égard de l'UDF, le moindre grief ou le moindre regret. J'en suis le président. J'ai aimé de toutes mes fibres cette famille politique, j'ai aimé de toutes mes fibres le chemin et j'aime le chemin que nous avons fait ensemble, mais il y a des moments, j'en suis persuadé, où il est nécessaire de changer et d'ouvrir les portes pour que plus de citoyens se reconnaissent dans l'œuvre commune que nous avons entrepris.

Voyez-vous, beaucoup de Français considéraient qu'il y avait, entre eux et nous, une barrière, que cette barrière a été difficile à franchir pour beaucoup d'entre eux au moment de l'élection présidentielle, parce qu'ils avaient l'impression ou le réflexe que l'UDF était un parti enfermé dans une seule alliance, l'alliance avec le RPR devenu UMP.

Ils avaient l'impression que l'UDF, c'était cela, c'était une des apparences de, comme ils disaient, la Droite.

Ma conviction profonde est qu'il faut que ces citoyens aient la certitude que le courant politique que nous incarnons aujourd'hui est un courant authentiquement central de la vie politique française, c'est-à-dire prêt à travailler avec les uns et avec les autres, que ce soit pour les grands enjeux nationaux ou pour les grands enjeux locaux.

Je suis déterminé à défendre l'idée que nous ne sommes pas, en France, entre ces grands mouvements démocratiques, des ennemis. L'intérêt supérieur du pays exige que nous soyons capables de dépasser les frontières et, notamment, de dépasser les frontières du passé pour travailler ensemble sur de grands objectifs nationaux et locaux.

C'est la raison pour laquelle je vous proposerai, dans une minute, que nous prenions une délibération ensemble. Cette délibération, je vais vous la lire et je vais l'expliquer devant vous : "L'UDF appelle à la constitution d'une force politique nouvelle, indépendante, ouverte, le MD et présentera ses candidats aux élections législatives avec cette étiquette".

Tel est le texte de la résolution que je soumettrai, tout à l'heure, à vos suffrages. Je veux vous en expliquer la teneur.

"L'UDF appelle à la constitution d'une force politique nouvelle", cela signifie que l'UDF est décidée à ne pas faire cette force politique nouvelle toute seule et c'est pourquoi je salue la présence de Corinne Lepage, c'est pourquoi j'ai été heureux que, hier, dans un communiqué, M. Jean-Luc Bennhamias, député des Verts au Parlement européen, annonce qu'il était décidé à faire ce chemin avec nous.

Je suis persuadé qu'il y a de nombreux citoyens, je ne parle pas encore des élus dans les périodes électorales, les élus comme l'on sait ne bougent guère, mais je suis persuadé qu'il y a de nombreux citoyens venant d'un côté ou de l'autre, venant de la pensée… Azouz Begag, qui est au premier rang, en sociologue, beaucoup d'autres qui seront intéressés par ce mouvement viendront le construire avec nous.

Ce mouvement, je vous propose que nous en programmions le Congrès constitutif à l'automne, mais, dans ce mouvement, l'UDF décide d'être une force constitutive, de construire ce mouvement.

L'UDF ne disparaît pas, elle décide, au contraire, de construire un mouvement plus large qu'elle, elle décide de se dépasser. Je veux, à ce titre, mettre un terme à ce micro à une sornette, quelque chose que l'on entend ici ou là, selon laquelle il paraîtrait qu'un certain nombre d'individus auraient déposé, au titre de la propriété industrielle, le nom d'UDF et en seraient les légitimes possesseurs.

Je veux vous dire quelque chose de très simple : les légitimes possesseurs, les détenteurs légaux du nom de l'UDF et de sa volonté, c'est vous, ce sont les adhérents de l'UDF.

Personne ne peut se prévaloir de ce nom sans avoir reçu votre aval par l'intermédiaire des instances légitimes qui sont les vôtres, soit le Congrès, soit le Conseil national, soit le Bureau politique, personne ne peut se prévaloir de ce nom.

Au demeurant, j'ai demandé à Michel Mercier de faire ce qu'il fallait en termes de poursuites judiciaires pour mettre un terme à cet abus de confiance, parce que le jour où ces gens-là ont déposé cette marque, car ils l'ont fait vraiment à l'INPI, l'Institut national de la propriété industrielle, le jour ils l'ont fait, non seulement ils n'étaient pas mandatés par aucune des instances de notre mouvement, mais pire encore, ils n'étaient plus membres de l'UDF depuis deux ans et ils avaient adhéré à l'UMP depuis deux ans, lorsqu'ils ont eu l'audace d'aller proposer ce nom à l'INPI.

Cela fait partie des petites inélégances, mais le nom de l'UDF, c'est le nôtre et les candidats qui le voudront pourront inscrire sur leur bulletin UDF MD. Personne d'autre ne pourra le faire qu'eux.

Je veux mettre un terme à une deuxième rumeur ou une deuxième sornette, ce sont ceux qui expliquent que, ayant refusé de m'inscrire dans le cadre de la majorité présidentielle, je serais entrain de nouer des accords secrets avec le Parti socialiste pour les élections législatives qui viennent.

Je veux vous dire ceci de la manière la plus nette : je n'ai eu aucune conversation, aucune rencontre, aucun échange, même pas d'une phrase, ni téléphonique ni par écrit, avec aucun des dirigeants du Parti socialiste qui laisse entendre que nous pourrions envisager, d'une manière ou d'une autre, une alliance aux élections législatives, ni une phrase ni un membre de phrase, ni un mot ni une allusion.

Pourquoi ? Car je n'ai pas quitté, avec vous, l'allégeance d'un côté pour aller m'enfermer dans l'allégeance de l'autre.

Je n'écarte pas l'idée qu'un jour ou l'autre, le Centre que nous constituons soit capable de travailler en commun avec les uns comme avec les autres. Je n'écarte, en particulier, pas l'idée que nous pourrons un jour, notamment pour des majorités locales, faire exploser le clivage stupide qui sépare la Droite de la Gauche qui crée un mur de Berlin entre les uns et les autres.

Je n'écarte pas l'idée que l'on puisse avoir, que l'on puisse vouloir, que l'on puisse rechercher des majorités, en particulier des majorités locales plus larges que celles que nous imposent la guerre de la Droite contre la Gauche, mais j'écarte absolument l'idée que cela se passe par des manœuvres. J'écarte l'idée que cela puisse se faire par des accords secrets, par des échanges sous la table.

Je suis déterminé mettre de la clarté et de la transparence en politique. J'étais déterminé hier, je suis déterminé aujourd'hui et je serai déterminé demain.

Une réflexion à ce sujet : voyez-vous, ce n'est pas par pureté que je me comporte ainsi. Cela ne signifie pas non plus que je récuse la pureté ! Ce n'est pas par vertu que je me comporte ainsi, et je ne récuse pas la vertu, c'est parce qu'il faut, à tout prix, renouer le lien de confiance entre les citoyens et leurs élus, c'est car il faut absolument que, lorsqu'un homme public parle, quand il s'exprime, on ne puisse pas, le lundi, le mettre en contradiction avec ce qu'il disait le samedi, on ne puisse pas trouver, dans ses propos, le contraire ou une manœuvre ou un détournement de sens qui ferait que les citoyens disent : "C'est comme d'habitude, on a compris que, quand il parlait comme cela, il nous racontait des histoires".

Je veux que les Français sachent que, quand nous parlons avec eux, ils peuvent, en confiance, considérer que nous leur disons la vérité. C'est pourquoi il n'y aura aucune manœuvre d'aucune sorte. Je ne veux pas que l'on se livre à ce genre de chose et, quand j'ai été approché par les uns ou par les autres, je le leur ai dit.

Je considère donc que nous allons aller aux élections législatives en réinventant le premier tour, c'est-à-dire que nous allons aller aux élections législatives sous nos propres couleurs et que nous verrons, au soir du premier tour, où nous en sommes et j'espère bien que, dans nombre de circonscriptions, nous serons parmi les deux premiers, même si, naturellement, cette tâche sera combattue par les uns ou par les autres et que, à ce moment-là, ce sont les autres qui devront choisir, en conscience, l'attitude qu'ils auront à l'égard de nos candidats.

Nous aurons gagné, nous-mêmes, les voix et les mandats que les Français nous donneront.

Bien sûr, c'est difficile, bien sûr, c'est un risque, mais ne croyez-vous pas que les Français méritent ce risque, eux qui galèrent tous les jours, eux qui ont des problèmes dans leur vie quotidienne et dans leur travail, eux qui ont tant de mal à se faire entendre et à se faire entendre notamment des puissants, des puissants économiques, des puissants politiques et des puissants médiatiques. Il est juste que nous prenions ce risque à leur service, pour qu'ils sachent qu'ils auront, désormais, des défenseurs indépendants à l'Assemblée Nationale.

Permettez-moi une remarque : cela va nous donner l'occasion, la chance, comme disent les anglo-saxons ayant piqué un mot de français, l'opportunité, cela va nous donner l'occasion de remplir un autre de nos engagements. En effet, nous aurons, dans cette élection, peu de sortants, mais ce qui nous intéresse, ce n'est pas les sortants, mais les entrants !...

Je veux dire que nous nous mettons, en effet, dans cette situation de risque consenti pour montrer l'importance de l'enjeu à nos yeux. Prenant ce risque, nous allons assumer, en même temps, un autre engagement qui est le renouvellement de la vie politique française.

Nous allons faire élire ou proposer aux Français des visages nouveaux, des expériences nouvelles, des personnalités nouvelles dont on a tellement besoin pour que la vie politique française change d'attitude, de visage, d'allure, de pratiques, de principes et de manière d'être. Cette tâche de renouvellement, nous la prenons à cœur, car des millions de Français en ont besoin.

Je veux vous donner un chiffre qui, me semble-t-il, est un chiffre bouleversant de ce qui est en train de se passer en France, complètement ignoré des puissances habituelles. On a commencé à parler du Mouvement Démocrate dimanche, pas dans une publicité très importante -vous conviendrez que ce n'est pas ces publicités ou ces déclarations, y compris pas la déclaration que j'ai faite dimanche soir qui ont beaucoup mobilisé les médias !, je dis cela naturellement avec le sourire !- et, depuis dimanche soir 20 heures, jusqu'à lundi soir 20 heures, sont venus sur notre site des milliers de Français qui ont demandé à adhérer au nouveau Mouvement Démocrate.

Entre dimanche soir 20 heures, je donne les chiffres précis, et lundi soir 20 heures, il y a eu dix mille adhésions. Le 8 mai, c'était le pont. Cela a recommencé le mercredi matin, 9 mai, à 11 h 44...

(Rires...)

… Où nous avons atteint le chiffre de quinze mille adhérents et, à 14 h 24, nous avons atteint seize mille adhésions. Depuis, je n'ai pas regardé le compteur.

Autrement dit, nous avons eu, en moyenne, pendant cette période, une adhésion toutes les dix secondes, sans avoir fait de publicité, sans que personne ne soit informé par une grande manifestation. Je suis persuadé qu'il y a des dizaines et des dizaines, des centaines de milliers de Français qui ont envie de s'engager dans ce Mouvement Démocrate nouveau pour changer la politique française.

Je finirai sur cette idée : je sais très bien quelle va être la difficulté extrême du combat électoral. D'une certaine manière, c'est cette difficulté que nous avons choisie, qui donne à notre démarche toute son authenticité. Je sais très bien que les Français attendent des gens capables de résister à toutes les pressions pour les défendre. Ils voient, aujourd'hui, que nous sommes capables de résister à toutes les pressions. C'est ce qui leur donne la garantie que nous allons les défendre dans les cinq années qui viennent.

Toutefois, il y a aussi la nécessité d'inventer un mouvement politique nouveau. Cela n'est pas le moindre des enjeux que nous avons devant nous : un mouvement politique qui saura, et, jusqu'à maintenant, cela n'a été fait par personne, prendre la mesure des capacités de chacun de ses adhérents et leur permettre d'exprimer cette capacité dans le cadre de la vie politique.

Un mouvement politique qui sera capable, non pas seulement de défendre des idées ensemble, mais d'aller plus loin et d'élaborer ses idées, d'être un vrai laboratoire de pensée pour la société de l'avenir et c'est à être ce laboratoire de pensée, chacun avec votre expérience, adhérents d'aujourd'hui et adhérents de demain, que je vous invite.

Marielle de Sarnez me fait passer un petit mot pour le compteur que j'avais cessé de regarder à 14 h 22 où nous avions seize mille demandes d'adhésion. A 10 h 45 ce matin, il y avait vingt-deux mille demandes d'adhésion.

Et, comme il est normal, 95 % de ces demandes d'adhésion n'émanent pas des rangs de nos adhérents d'aujourd'hui. Nous allons faire le renouvellement des visages, renouvellement des personnalités, renouvellement des pratiques, renouvellement des idées au service du pays.

J'ai besoin de votre engagement à tous. J'ai besoin de l'engagement de tous ceux qui nous écoutent. S'il y a, parmi ceux qui nous entendent, des personnalités qui ont l'idée que, ici ou là, dans des lieux où il n'y aurait pas ou plus de candidature de notre famille politique, qu'ils nous écrivent, qu'ils viennent sur notre site Internet, qu'ils nous proposent leur engagement.

Je trouve précieux que le renouvellement de la vie politique aille jusqu'au renouvellement des candidatures, notamment dans un moment aussi important pour l'avenir du pays que celui-ci.

Le renouvellement que les Français attendent, le changement des attitudes et des pratique qu'il exige, nous allons leur proposez. Je suis persuadé que c'est la poursuite, le développement de cette révolution orange que nous avons introduite ou fait entrer dans la vie politique française.

À ceux qui, en effet, ont voté à l'élection présidentielle par adhésion et non pas par rejet, ils ont voté parce qu'ils choisissaient un chemin nouveau, ils sont engagés dans ce chemin nouveau, nous n'allons ni les décevoir ni leur manquer, nous n'allons pas être absents du rendez-vous qu'ils nous ont fixés.

Je vous propose de créer le Mouvement Démocrate pour que la France renouvelle la vie politique, la vie démocratique, la vie civique de notre pays. "